La vraie vie, ça commence quand ?

Aventures quotidiennes d'une étudiante lilloise passionnée par ... des tas de choses ! Société, TV, musique, autres médias, Belgique, journal, essais, Italie, France, Irlande, amour, haine, amitié, rock'n'roll, bicyclette, Histoire...

27 septembre 2008

.78.

Ce soir là la France gagnait son match contre le Brésil, comme huit ans auparavant, sauf que c'était pour aller en demi finales contre le Portugal, alors moi je riais, j'étais hystérique, décoiffée, j'avais fait le tour de ma maison en sautant sottement toute seule, parce que mes parents et mes frères étaient pas là, et puis j'avais gueulé tout et n'importe quoi, tout mais surtout "on a gagné !", j'entendais des klaxons au loin, des klaxons dans ma rue, des klaxons en ville, et je trouvais ça beau, de voir tous ces gens réunis, ça arrive tellement rarement, de voir des vieux des jeunes des enfants des adultes des blancs des noirs et des arabes sourire tous en même temps, et crier que vive la France, qu'on est les meilleurs et que champions du monde on l'est déjà un peu quelque part.

Et puis tu as commencé à m'exposer une de tes éternelles théories, toujours tes pseudos principes, toujours tout compliquer, analyser, disséquer,connaître la réalité des choses, et ne pas être heureux si on est pas sur d'avoir le bonheur vrai et pur, toujours réfléchir et se prendre la tête, toi tu trouvais ça hypocrite de tous rire ensemble et de faire semblant de s'aimer alors que Lepen était passé au second tour en 2002 et que là c'était peut être Sarkozy qui allait passer, ou peut être Ségolène, mais quand même, peut être Sarkozy. Tu trouvais ça bête, même ringard, de crier dans la rue parce que 11 gars avaient mis un ballon dans un filet, tu ne comprenais pas, et moi ça m'énervait, ça me mettait hors de moi, tu comprends pas je te disais, tu sais pas ce que c'est d'avoir une conscience collective, tu vois à cause de toi j'ai de la peine, j'aurais voulu partager ce moment avec toi, mais je peux pas, parce que monsieur a besoin de se démarquer des autres, qu'il sait réfléchir, lui, que quand il fait quelque chose ça a du sens, et puis tu me répondais que de toute façon tu supportais pas la foule. Mais moi je voulais pas la foule je voulais toi et moi qui criions "allez la France" mais je t'ai pas dit et j'ai changé de sujet parce que si je t'aurais demandé tu l'aurait fait mais moi je voulais que ça sorte de ton coeur comme une étoile filante qui devait sortir, qui serait sortie de toi de force, un grand cri vrai et brut, un grand "allez la France" mais c'est pas sorti alors je me suis tue, comme toi.

Posté par Schaublatt à 10:27 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

lji

ok...

je pense que si quelqu'un n'a pas compris quelque chose sur le moment c'est toi, qui n'a pas compris que chaque individu a ses centres d'intérêt et par extension de désintérêt, que parce que le monde entier est tout après une mouvance en particulier et se sent concerné par une 'conscience collective' par l'intermédiaire d'un sport que la majorité ne pratique même pas de toute manière, ne signifie pas qu'on doive pour autant s'y rattacher si l'on ne s'y retrouve pas naturellement, ce qui était en l'occurence mon cas. J'ai été moi-même et autant, moi aussi, j'aurais aimé partager une liesse avec toi, autant j'ai pour cette fois été honnête avec toi et je suis désolé que nous ayions été incompatibles, toutefois je ne pense certainement pas mériter un tel rejet ou même de la pitié pour cela.

Malgré tout le respect que j'ai (encore) pour toi je ne te remercie pas pour cette note au ton dégradant qui m'a profondément blessé.

Posté par Aym, 01 novembre 2008 à 16:18

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