28 mai 2008
.73.
L'été dernier j'avais repéré dans une broc' un mannequin en fer forgé avec de jolies perles (que j'aurais trouvé kitch n'importe où d'autre, mais sur ce mannequin wahou!), mais étant donné son prix irraisonnable, j'avais questionné harcelé le vieux monsieur. "Seriez vous prêt à en baisser le prix ?" "Vous faites des tarifs étudiants?" "Il est joli, d'accord, mais pourquoi une telle différence de prix avec d'autres mannequins ?" et sa réponse avait été que ce vieux monsieur avait travaillé dur pour obtenir ce rendu, il avait du retirer la mousse d'un mannequin racheté dans une boutique qui fermait, puis avait repeint le fer forgé en blanc, puis sa femme avait eu l'idée merveilleuse d'y coudre ces petites perles, c'était une artiste sa tendre épouse! Après moults débats, le vieux brocanteur (il se disait antiquaire) n'accepta pas mon prix et je repartis hantée par l'image de ce fer forgé délicatement et de ces perles que l'épouse avait déniché je ne sais où.
Depuis, ma quête du mannequin parfait s'est avéré difficile, chez Casa ils étaient bien trop petits, impossible d'y poser mes propres vêtements qui auraient ressemblé à des sacs à pommes de terre! Chez les autres brocs et antiquaires, soit le prix était indécent, soit les hanches beaucoup trop marquées! Je commençais sérieusement à désespérer, et cette image du vieux monsieur dans ce champ ensoleillé qui vendait mon mannequin le long de la Loire n'en finissait plus de me tourmenter.
La semaine passée, pour mes 21 ans, mon frère m'a dit "ça y est, tu es plus proche des 40 ans que de la naissance" et cette phrase m'a traumatisé. Mais là n'est pas le sujet. Pour mes 21 ans donc, papa et maman m'ont acheté...un mannequin ! LE mannequin !! MON MANNEQUIN !!! Exactement, trait pour trait, celui du vieux monsieur. Je les interroge du regard, perplexe, je doute qu'ils se soient déplacés dans le centre de la France pour quelques assemblages de fer forgé. Ils me disent qu'ils l'ont tout simplement trouvé à la Foirfouille, triste référénce n'est ce pas ? Je m'en fiche, mon mannequin il est parfait ! Et ce vieux monsieur qui paraissait si gentil, honnête et travailleur n'était qu'un imposteur : le choc dans ma petite tête qui y pensait depuis des mois...
Nu...Regardez ces hanches parfaites et ces petites perles qui brillent...
Vêtu, nous avons la même taille donc je peux faire des essayages hihi.
Détail de l'encolure. Bref! J'ai enfin un endroit où poser mon Trench sans qu'il ne traîne par terre ! Merci papa, merci maman!
Et puis j'ai commencé à lire quelques poèmes en prose de Baudelaire (Le spleen de Paris), c'est marrant avec sa tête de pervers on imagine rarement qu'il ai pu écrire quelque chose d'autre que les fleurs du mal... En plus, j'aime bien l'illus' en couverture, et ça c'est rare sur un livre de poche!
Merci Noémie!
19 mai 2008
.72.
Allez, cette année encore la France sera présente à l'Eurovision avec le très hype Sebastien Tellier : une tronche à la Devendra Banhart, le look de Raël, une chanson électro en anglais (en même temps c'est pas en chantant en français que Daft Punk ou Manu Chao se sont fait une renommée mondiale...) intitulée "Divine"... Votre avis ?
16 mai 2008
.71.
Quand j'ai un coup de blues, ma réaction est toujours la même, depuis mes 15 ans ; j'écoute Saez.
(mes notes en ce moment peuvent faire très fille dépressive, ça me correspond pas d'habitude, hein)
13 mai 2008
.70.
J'ai mal aux sinus paranasaux et mes yeux sont rouges, injectés de sang. J'ai besoin d'air, de visages de jeunes hommes frais qui n'ont pas dans le regard cette perversité, et qui assument parfaitement ce qu'il sont malgré leur peu d'expérience dans la vie. J'ai besoin de soleil et de yeux francs qui regardent sans se baisser, des yeux dont on aperçoit l'âme derrière, pas une âme d'ange ou de prince charmant, juste une âme brute qui ne se cache pas derrière des stratagèmes et des calculs. J'ai besoin d'une bière fraîche, puis deux, puis trois, puis quatre, pour m'envoler dans ce monde parallèle où tout est moins douloureux, je veux sentir mon esprit danser, voir mes jambes tituber, être impuissante face aux vertiges et hurler cette douleur qui ne sort pas. Je voudrais qu'il souffre autant que moi, je voudrais oublier, je voudrais jouir, je voudrais mourir. Je voudrais avoir une épaule sur laquelle chialer et me ridiculiser. Des bras qui me feraient me sentir comme une petite chose fragile mais bien protégée.
Je voudrais, je voudrais. Mais j'ai quoi ?
12 mai 2008
.69.
Je me demande si ça existe les ruptures en douceur. Je me demande si ça fonctionne parfois les "on reste amis", je veux dire par là plus de deux semaines. Je me demande combien de temps encore ce noeud désagréable dans le ventre va me ronger. Je me demande si un jour j'arriverais à nouveau à m'endormir sans les larmes aux coins des yeux.
Je me demande si je vais continuer à t'aimer et à te détester encore longtemps. J'aimerais juste éprouver un peu de tendresse, mais ça ne vient pas.
11 mai 2008
.68.
(cette chanson est magnifique)
Je me demande si je suis la seule à mon âge à être encore aussi paumée. Je veux dire, j'ai quitté les années teen, dans deux semaines j'aurais 21 printemps, et pourtant je me cherche encore comme ces putains d'ados qui m'exaspèrent (parce que oui, je les jalouse déjà, alors je n'imagine pas mes ressentiments envers eux dans vingt ans).
Sur aucun plan je ne me suis encore trouvée, je blog un journal pseudo-intime où je n'écris rien d'intime, je ne sais où je serais en septembre, cela fait six ans que je me retrouve chaque année dans la filière la plus générale possible, pour ne pas avoir à choisir où aller, que faire, qui devenir. Eh oui, je ne sais pas moi même qui je suis. Je n'ai pas de style, je m'adapte. Quand on me demande ce que j'écoute, je réponds "à peu près tout" et je trouve cette phrase tellement impersonnelle qu'ensuite je ris de gêne, de honte, et je m'empresse de citer un ou deux groupes pour démontrer que je ne dis pas ça par soucis de paraître ouverte d'esprit. Je trouve du charme à un nombre incalculable d'hommes, alors je pense que dans ce domaine là non plus je n'ai pas de "genre".
Je passe des heures à réfléchir sur moi, qui je suis, quelle facette de moi j'accepte, quel côté je hais, ce que je voudrais changer, ce que je ne parviens pas à changer, qu'est ce qui m'empêche de changer, et les réponses sont toujours tellement écclectiques ; le manque d'argent, la peur, mon Oedipe, l'absence de permis. Et malgré toutes ces réponses, je ne me connais pas encore, alors je cherche, je retourne ma névrose dans tous les sens, je me rends compte que plus fort que moi, il y a ma cérébralité et ma raison, qui empiètent beaucoup trop sur la passion (si nous étions dans un feuilleton du mercredi après-midi sur M6 on entendrait une vieille femme dire "Il faut écouter ton coeurrr").
Alors si vous avez une formule magique pour quitter ma rationnalité...




