La vraie vie, ça commence quand ?

Aventures quotidiennes d'une étudiante lilloise passionnée par ... des tas de choses ! Société, TV, musique, autres médias, Belgique, journal, essais, Italie, France, Irlande, amour, haine, amitié, rock'n'roll, bicyclette, Histoire...

18 novembre 2007

.64.

J'ai grandi dans les années 90. C'est un fait que je ne regrette pas, finalement, car même si je n'ai pas eu droit au flowerpower ou aux boules à facettes, j'ai mille souvenirs de mon enfance (parfois même rock'n'roll) et cela n'a pas de prix. Je me rappelle de ce tour d'Irlande en roulotte, nous étions à sillonner les routes tous les jours, Dolores O'Riordan chantait Ôde to my family et ne ressemblait pas encore à Victoria Beckham. Et cet été au bord du Layon, où Nina l'hollandaise était devenue mon amie en l'espace d'une minute, ses éclats de rire résonnent encore dans mon esprit hanté par ses longs cheveux dorés... Elle disait Pipi pour parler de Fifi Brindacier, et ça nous faisait rire, Charly et moi. J'ai porté ces ignobles caleçons longs à motif marguerite, l'ancêtre du legging si prisé aujourd'hui. Je fantasmais sur Filip des 2be3 - je voulais qu'il m'embrasse, quoi. Je rêvais de pouvoir collecter à mon tour des "boyards" un jour. S. n'avait pas encore mis Jenny en cloque et je débattais avec elle du sexe de Tracy Chapman : "Maman dit que c'est une femme, tu y crois, toi ?". J'avais eu un walkman-cassette pour mes 8 ans et ça suffisait pour que je me sente super High-tech. L'odeur des clopes qui ont tué papi me dégoutait mais je restais quand même à côté de lui dans le garage et on chantait "ah, qu'ça fait du bien de péter dans son bain, ça fait des grosses bulles, lalalala" et mamie lui faisait les gros yeux. On l'appelait mamie poules parce qu'à l'époque il y avait encore le poulailler au fond du jardin. Dans j'ai encore rêvé d'elle, je croyais que "les draps s'en souviennent" parce qu'ils avaient une mémoire. J'ai mis des mois à finir Sonic sur la Sega Master-System 2 sans pourtant m'en lasser. Tiffany n'avait pas encore grossi et elle m'invitait à faire de la balançoire chez elle, j'y emmenais mon "Téléphone Secret" et on mattait Yann sur sa carte parce que c'était le plus beau des garçons. On entendait Mon légionnaire par Gainsbourg à la radio, et mes parents nous emmenaient en Bretagne faire du canoë gonflable, mais mon frère et moi avions peur de nous éloigner trop de la plage, alors mon père avait attaché une corde pour nous rassurer. Jean apprenait à devenir propre plutôt qu'à danser la tecktonic et je croyais papa quand il disait que Bashung était le plus grand poète de tous les temps. Nous roulions en van Volkswagen et c'est pas pour ça que les flics nous arretaient plus que d'autres. Mitterrand était président et je lisais Tom-Tom et Nana avec ma coupe au bol.

Posté par Schaublatt à 15:32 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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