La vraie vie, ça commence quand ?

Aventures quotidiennes d'une étudiante lilloise passionnée par ... des tas de choses ! Société, TV, musique, autres médias, Belgique, journal, essais, Italie, France, Irlande, amour, haine, amitié, rock'n'roll, bicyclette, Histoire...

08 juin 2009

La vraie vie commence quand...

- On ouvre une bonne bouteille de la cave au lieu d'attendre une occasion ; l'occasion c'est de fêter la vie aujourd'hui!

- On allume enfin les bougies qu'on a eu en cadeau en 2001 et qu'on gardait (bêtement) en décoration...

- On sort son plus beau service de porcelaine pour manger une assiette de frites ou un plat de spaghettis.

- On ose le short ou la minijupe.

- On se paie de temps en temps barbapapa, éclair au chocolat, macaron ou cacahuettes grillées selon les goûts.

- On se fait une compil' so 90's 00's avec UB40/Nuttea, Shakira, Franky Vincent, Zebda, Manu Chao et Tarkan, etc. pour passer un été dancefloor (au moins dans la voiture).

- On boit une bière en terrasse, sunglasses sur le nez.

La liste n'est pas exhaustive et si vous avez d'autres idées je suis preneuse...

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08 mars 2009

Ah le petit vin blanc, qu'on boit sous les tonnelles...

Un samedi matin, une place, un café. La terrasse est vide en ce début de mois de mars, mais ouverte. Je m'y installe et commande un vin blanc. La serveuse est la patronne, elle comprend un peu le français et me souhaite une bonne journée. Les pavés brillent d'humidité, mais emmitouflée dans ma grande écharpe rouge je me sens bien. Ou je ne me sens pas. La -non-sensation est difficile à définir. J'observe les passants, ils sont nombreux à revenir du marché. Le beffroi sonne les 11h30 et je vois derrière la vitre des vieillards buvant une soupe. Chacun de ces êtres est tellement différent, je me demande ce qui fait leur fierté. Un homme aux cheveux gris promène un petit chien. Le considère-t-il comme le plus mignon des caniches ? L'aime-t-il comme on aime un enfant, un ami, un objet? Peut-être appartient il à son épouse. Une trentenaire au jean délavé rejoint une vieille dame. Se sent elle plus jeune qu'elle ne l'est avec ce pantalon improbable et mal ajusté ? A-t-elle réfléchi en faisant cet achat, était-ce par défaut, par dépit ? J'ai du mal à m'imaginer le contraire. Une dame permanentée s'arrête quelques secondes devant moi, est-ce son âge qui l'handicape, l'oblige à reprendre son souffle, ou pose-t-elle son cabas pour épargner son dos fragilisé ? Aucun jeune de mon âge. Peut-être dorment-ils, ou récupèrent-ils de leur folle soirée, ou regardent une de ces émissions abrutissantes que je chéris tant. Un homme vient d'entrer dans le café-brasserie en promettant un chocolat chaud à ses trois enfants. La femme a l'air plus qu'agacée, et desespérée, elle tente de le raisonner, "non, pas ça juste après le déjeuner Farid, enfin..!". Un homme passe et m'observe tout en marchant. Il tient un petit bouquet de roses blanches. Quelles questions peut-il se poser à mon sujet ? "Qu'est ce que cette fille écrit?" ou plutôt "Qu'est ce qui peut bien rendre cette fille si malheureuse pour qu'elle s'alcoolise le sang, seule, un samedi matin? C'est pathétique." Je ne me sens pas vraiment pathétique, là. Visiblement il n'est pas le seul à se faire cete réflexion, une femme au cheveux blonds bouclés me dévisage avec dédain, interloquée. J'aimerais que D. passe par là en voiture, m'aperçoive, me rejoigne et lise silencieusement son livre. Je dis "son" car il lit toujours le même. Une fois la dernière page achevée, il le ré-entame à nouveau, encore et encore. Je ne sais ce qui le fascine dans ce roman historique de la seconde guerre mondiale. Un homme a l'imperméable violet barriolé du dessin d'une planche de surf passe. Il sait à peine marcher, boite, et tient une vieille bicyclette à la main. Pense-t-il vraiment pouvoir faire croire au monde qu'il est encore capable de rouler ? Ou est-ce sa vérité à lui qu'il espère tromper. Où a-t-il bien pu récupérer ce manteau? De toute évidence, il ne l'a pas acheté lui même. Peut-être l'a-t-il eu dans un équivalent du Relais français, ou à son gendre. Il fallait ne pas le connaître pour lui offrir un tel vêtement. Une jeune fille traverse la rue. Je l'imagine déjà dans 20 ans, avec la même vulgarité. Elle porte une paire de leggings noirs entré dans ses bottes pointues à hauts talons, un perfecto noir en skaï, quelques rondeurs au dessus de la ceinture et un postérieur conséquent. Elle fume dans une fausse nonchalance une cigarette. Je fais un sourire à un homme au bon capital sympathie. Il tient avec précaution une petite boîte de pralines. Soit il fait partie des hommes naturellement -ou pas- attentionnés, soit il a quelque chose à se faire pardonner. Je m'attendris devant un jeune couple poussant un landeau, j'ai l'impression d'avoir le regard d'une femme proche de la mort. Un motard tire sur son accélerateur alors qu'il suit en plein centre-ville un véhicule à 20km/h. Pense-t-il que ce geste puisse impressionner les autres hommes, ou les femmes ? Assouvit-il son besoin d'affirmer une pseudo-virilité ?

Je ressemble à tous ces gens. J'ai aussi des fiertés idiotes, des préjugés préjudiciables pour autrui comme pour moi, des complexes, des envies, une soif de reconnaissance insatiable. Je regarde l'heure sur mon téléphone, je n'ai pas de montre. Il est 11h57 et D. m'a appelé. Va-t-il m'avouer qu'il -re-fume ? J'ai trouvé une boîte de Gauloises dans la poche de sa veste. Je le rappelle, il m'a appellé sans raison dit-il. Bien, j'attendrais qu'il souhaite m'en parler. Je raccroche. Je commence à avoir froid. Je reviendrais à cette table.

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21 février 2009

Frangement simple !

Tout l'hiver dernier (2007/2008), j'ai rêvé de porter des Minnetonkas brunes à trois séries de franges. Mais étant donné mon budget restreint, j'ai attendu, peut-être n'était ce qu'un caprice, et puis oserais je les porter ? Je n'avais pas envie de dépenser pour "rien". L'été, je me suis dit, "Attend tu vas pas porter ces bottes avec la température estivale! Tu vas crever de chaud!" ; bon ça ne m'empêchait pas de baver devant divers blogs de petites fashionistas à qui ça allait à merveille... Septembre arrivant à grands pas j'essayais enfin les deux  indiennes tant désirées... et PAF ça fait des chocapics. Ô mon Dieu quelle horreur ! Mes jambes s'étaient transformées en espèce de poteaux informes, droites, sans courbes ni virages dangereux ! Je tombais alors de haut. L'automne venu, mon regret s'avérait ne pas être éternel comme je l'aurais pensé au premier abord. Absolument toutes les boutiques de prêt-à-porter se sont mises à les commercialiser, vraies ou fausses, parfois mal imitées, parfois égalées, et même, surpassées ! Cependant la saveur de cette pièce qui était un an auparavant originale avait disparu ; des franges à tous les pieds il y avait. Mon caractère contradictoire me bloque, m'interdit d'acheter ce genre d'article, même si je l'aime, je ne supporte pas (plus) d'avoir sur moi ce que tout le monde a sur lui/elle.

Bref, je me met à la recherche de la nouvelle star (modesque) de mon coeur ; des franges, oui ! En bottes, non ! Et là je vois défiler dans toutes les vitrines des gilets, des jupes, des grands sacs, toute une série d'accessoires, on ne voit que ça, c'est même trop, trop flague, trop voyant, trop squaw, trop déguisement, trop 80's.

J'avais donc abandonné l'idée de la frange jusqu'au jour où m'est apparu la vierge, euh, non, le tissu,  à l'apparence du daim et couleur aubergine (discrétion donc, ouf!) dans lequel j'ai tout de suite imaginer la PETITE pochette FRANGEE et DISCRETE qui me correspondrait...enfin !
Après quelques gribouillages, puis croquis, puis patrons, je fournissais à maman qui a des doigts de fée l'esquisse de mon idée qui allait devenir...réalité ;

pochette franges 2

Pochette franges

Je ne vous met pas mon visage car délit de photo non avantageuse!

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05 janvier 2009

21 ans ou « le grand chelem de la déco presque utile et presque vintage ».

Je vous disais il y a quelques mois le bonheur de posséder le mannequin de ses rêves, je vous dirais aujourd’hui celui de recevoir un colissimo de deux mètres de hauteur un beau matin.

J’ai regardé l’émission « d&co » de Valérie Damidot une multitude de fois, je l’avoue, j’ai pêché. Rarement j’y ai trouvé des choses à mon goût, pour moi une habitation doit être à l’image de ses propriétaires, personnalisée à outrance, et non avec un salon chocolat cosy, une cuisine rouge punch IKEA et une chambre baroque « supppperrrr sympaaaa » : autant vendre le tout en « kit maison ». Seulement, il y a un objet, une fois, qui m’a tapé dans l’œil et auquel je n’avais jamais pensé auparavent : Le paravent ! Le paravent recoupe mon amour de la décoration coloniale et du cinéma rétro – il figure dans un bon nombre de scènes toutes en pudeur et pourtant si sensuelles.

Aymeric m’en a trouvé un au motif convenant tout à fait à ce que j’admire : Marilyn Monroe la vintage, Marilyn Monroe la glamour, Marilyn Monroe l’icône. Une Marilyn Monroe des deux côtés sur un très bel objet. Beau, oui, mais aussi efficace. Celle qui jetait à même le sol jeans, jupes, écharpes et manteaux a enfin le support adéquat pour ses frusques encombrantes.

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27 septembre 2008

.78.

Ce soir là la France gagnait son match contre le Brésil, comme huit ans auparavant, sauf que c'était pour aller en demi finales contre le Portugal, alors moi je riais, j'étais hystérique, décoiffée, j'avais fait le tour de ma maison en sautant sottement toute seule, parce que mes parents et mes frères étaient pas là, et puis j'avais gueulé tout et n'importe quoi, tout mais surtout "on a gagné !", j'entendais des klaxons au loin, des klaxons dans ma rue, des klaxons en ville, et je trouvais ça beau, de voir tous ces gens réunis, ça arrive tellement rarement, de voir des vieux des jeunes des enfants des adultes des blancs des noirs et des arabes sourire tous en même temps, et crier que vive la France, qu'on est les meilleurs et que champions du monde on l'est déjà un peu quelque part.

Et puis tu as commencé à m'exposer une de tes éternelles théories, toujours tes pseudos principes, toujours tout compliquer, analyser, disséquer,connaître la réalité des choses, et ne pas être heureux si on est pas sur d'avoir le bonheur vrai et pur, toujours réfléchir et se prendre la tête, toi tu trouvais ça hypocrite de tous rire ensemble et de faire semblant de s'aimer alors que Lepen était passé au second tour en 2002 et que là c'était peut être Sarkozy qui allait passer, ou peut être Ségolène, mais quand même, peut être Sarkozy. Tu trouvais ça bête, même ringard, de crier dans la rue parce que 11 gars avaient mis un ballon dans un filet, tu ne comprenais pas, et moi ça m'énervait, ça me mettait hors de moi, tu comprends pas je te disais, tu sais pas ce que c'est d'avoir une conscience collective, tu vois à cause de toi j'ai de la peine, j'aurais voulu partager ce moment avec toi, mais je peux pas, parce que monsieur a besoin de se démarquer des autres, qu'il sait réfléchir, lui, que quand il fait quelque chose ça a du sens, et puis tu me répondais que de toute façon tu supportais pas la foule. Mais moi je voulais pas la foule je voulais toi et moi qui criions "allez la France" mais je t'ai pas dit et j'ai changé de sujet parce que si je t'aurais demandé tu l'aurait fait mais moi je voulais que ça sorte de ton coeur comme une étoile filante qui devait sortir, qui serait sortie de toi de force, un grand cri vrai et brut, un grand "allez la France" mais c'est pas sorti alors je me suis tue, comme toi.

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04 septembre 2008

.76.

Il y a une citation d'Oscar Wilde que j'aime particulièrement. Elle a d'ailleurs été reprise par Sagan dans "bonjour tristesse". Et pourtant, elle ne me correspond guère, à moi, modèle de vertu.

"Le péché est la seule note de couleur vive qui subsiste dans le monde moderne."

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04 juin 2008

.74.

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Toutes les semaines, avec Ronnie et Noé, on se fait un petit ciné. On a notre rituel, Ronnie passe chez moi à 21h45, ensuite on prend l'autoroute en écoutant une de ses compil' (parfois génialissime, parfois ça fait débat ;) et puis surtout en essayant de se mettre d'accord sur le film à voir, parce que le problème, c'est qu'on est pas cinéphiles de la même race. Ronnie est un grand fan de thrillers ; et puis nous en tant que bonnes fifilles on aime bien les films d'auteurs, de temps en temps une comédie romantique ou une biographie sur bobine. Si on le suivait à chaque fois, sûr qu'on passerait la moitié de notre temps à se cacher les yeux, et si lui nous suivait tout le temps, l'ennui le guetterait bien souvent. Alors on fait des concessions, chacun notre tour. Hier, il était pour Ronnie hors de question d'aller voir Sex and the city, et pour nous impossible de visionner [REC], alors nous nous sommes plus ou moins mis d'accord sur Deux jours à tuer de Jean BECKER.

Aucun meurtre dans ce film français contrairement à ce que pourrait indiquer le titre, mais un riche panel d'émotions qui comblèrent nos attentes: Le petit côté moralisateur (ça en agace plus d'un, mais personnellement j'ai toujours aimé, ça me rappelle les feuilletons de mon enfance comme La petite maison dans la praire), l'identification facile aux personnages (déchirement du couple, ras-le-bol du quotidien morne...), quelques éclats de rire cyniques suite aux remarques ôdieuses du personnage principal, les paysages d'Irlande, toujours aussi magnifiques, la belle Marie-Josée CROZE (après ses interprétations dans Jacquou le Croquant et Ne le dis à personne elle entre vraiment dans mon top actrice) juste ce qu'il faut de mélo afin de nous toucher et pour clôturer le tout une fin inattendue (chose rare) pour notre héro incarné à merveille par le ténébreux Albert DUPONTEL (Ne trouvez vous pas qu'il est un hybride entre Gérard KLEIN et Thierry BECCARO ?).

Tout cela pour dire d'une part foncez voir ce film, d'autre part Merci à Ronnie d'avoir insister (pour une fois, hein), et puis de toute façon Sex and the city c'est un film à voir entre filles!

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28 mai 2008

.73.

L'été dernier j'avais repéré dans une broc' un mannequin en fer forgé avec de jolies perles (que j'aurais trouvé kitch n'importe où d'autre, mais sur ce mannequin wahou!), mais étant donné son prix irraisonnable, j'avais questionné harcelé le vieux monsieur. "Seriez vous prêt à en baisser le prix ?" "Vous faites des tarifs étudiants?" "Il est joli, d'accord, mais pourquoi une telle différence de prix avec d'autres mannequins ?" et sa réponse avait été que ce vieux monsieur avait travaillé dur pour obtenir ce rendu, il avait du retirer la mousse d'un mannequin racheté dans une boutique qui fermait, puis avait repeint le fer forgé en blanc, puis sa femme avait eu l'idée merveilleuse d'y coudre ces petites perles, c'était une artiste sa tendre épouse! Après moults débats, le vieux brocanteur (il se disait antiquaire) n'accepta pas mon prix et je repartis hantée par l'image de ce fer forgé délicatement et de ces perles que l'épouse avait déniché je ne sais où.

Depuis, ma quête du mannequin parfait s'est avéré difficile, chez Casa ils étaient bien trop petits, impossible d'y poser mes propres vêtements qui auraient ressemblé à des sacs à pommes de terre! Chez les autres brocs et antiquaires, soit le prix était indécent, soit les hanches beaucoup trop marquées! Je commençais sérieusement à désespérer, et cette image du vieux monsieur dans ce champ ensoleillé qui vendait mon mannequin le long de la Loire n'en finissait plus de me tourmenter.

La semaine passée, pour mes 21 ans, mon frère m'a dit "ça y est, tu es plus proche des 40 ans que de la naissance" et cette phrase m'a traumatisé. Mais là n'est pas le sujet. Pour mes 21 ans donc, papa et maman m'ont acheté...un mannequin ! LE mannequin !! MON MANNEQUIN !!! Exactement, trait pour trait, celui du vieux monsieur. Je les interroge du regard, perplexe, je doute qu'ils se soient déplacés dans le centre de la France pour quelques assemblages de fer forgé. Ils me disent qu'ils l'ont tout simplement trouvé à la Foirfouille, triste référénce n'est ce pas ? Je m'en fiche, mon mannequin il est parfait ! Et ce vieux monsieur qui paraissait si gentil, honnête et travailleur n'était qu'un imposteur : le choc dans ma petite tête qui y pensait depuis des mois...

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Nu...Regardez ces hanches parfaites et ces petites perles qui brillent...

mannequin habillé

Vêtu, nous avons la même taille donc je peux faire des essayages hihi.

Detail mannequin

Détail de l'encolure. Bref! J'ai enfin un endroit où poser mon Trench sans qu'il ne traîne par terre ! Merci papa, merci maman!

Et puis j'ai commencé à lire quelques poèmes en prose de Baudelaire (Le spleen de Paris), c'est marrant avec sa tête de pervers on imagine rarement qu'il ai pu écrire quelque chose d'autre que les fleurs du mal... En plus, j'aime bien l'illus' en couverture, et ça c'est rare sur un livre de poche!

baudelaire

Merci Noémie!

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19 mai 2008

.72.

Allez, cette année encore la France sera présente à l'Eurovision avec le très hype Sebastien Tellier : une tronche à la Devendra Banhart, le look de Raël, une chanson électro en anglais (en même temps c'est pas en chantant en français que Daft Punk ou Manu Chao se sont fait une renommée mondiale...) intitulée "Divine"... Votre avis ?

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16 mai 2008

.71.

Quand j'ai un coup de blues, ma réaction est toujours la même, depuis mes 15 ans ; j'écoute Saez.

(mes notes en ce moment peuvent faire très fille dépressive, ça me correspond pas d'habitude, hein)

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13 mai 2008

.70.

J'ai mal aux sinus paranasaux et mes yeux sont rouges, injectés de sang. J'ai besoin d'air, de visages de jeunes hommes frais qui n'ont pas dans le regard cette perversité, et qui assument parfaitement ce qu'il sont malgré leur peu d'expérience dans la vie. J'ai besoin de soleil et de yeux francs qui regardent sans se baisser, des yeux dont on aperçoit l'âme derrière, pas une âme d'ange ou de prince charmant, juste une âme brute qui ne se cache pas derrière des stratagèmes et des calculs. J'ai besoin d'une bière fraîche, puis deux, puis trois, puis quatre, pour m'envoler dans ce monde parallèle où tout est moins douloureux, je veux sentir mon esprit danser, voir mes jambes tituber, être impuissante face aux vertiges et hurler cette douleur qui ne sort pas. Je voudrais qu'il souffre autant que moi, je voudrais oublier, je voudrais jouir, je voudrais mourir. Je voudrais avoir une épaule sur laquelle chialer et me ridiculiser. Des bras qui me feraient me sentir comme une petite chose fragile mais bien protégée.

Je voudrais, je voudrais. Mais j'ai quoi ?

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12 mai 2008

.69.

Je me demande si ça existe les ruptures en douceur. Je me demande si ça fonctionne parfois les "on reste amis", je veux dire par là plus de deux semaines. Je me demande combien de temps encore ce noeud désagréable dans le ventre va me ronger. Je me demande si un jour j'arriverais à nouveau à m'endormir sans les larmes aux coins des yeux.

Je me demande si je vais continuer à t'aimer et à te détester encore longtemps. J'aimerais juste éprouver un peu de tendresse, mais ça ne vient pas.

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11 mai 2008

.68.

(cette chanson est magnifique)

Je me demande si je suis la seule à mon âge à être encore aussi paumée. Je veux dire, j'ai quitté les années teen, dans deux semaines j'aurais 21 printemps, et pourtant je me cherche encore comme ces putains d'ados qui m'exaspèrent (parce que oui, je les jalouse déjà, alors je n'imagine pas mes ressentiments envers eux dans vingt ans).

Sur aucun plan je ne me suis encore trouvée, je blog un journal pseudo-intime où je n'écris rien d'intime, je ne sais où je serais en septembre, cela fait six ans que je me retrouve chaque année dans la filière la plus générale possible, pour ne pas avoir à choisir où aller, que faire, qui devenir. Eh oui, je ne sais pas moi même qui je suis. Je n'ai pas de style, je m'adapte. Quand on me demande ce que j'écoute, je réponds "à peu près tout" et je trouve cette phrase tellement impersonnelle qu'ensuite je ris de gêne, de honte, et je m'empresse de citer un ou deux groupes pour démontrer que je ne dis pas ça par soucis de paraître ouverte d'esprit. Je trouve du charme à un nombre incalculable d'hommes, alors je pense que dans ce domaine là non plus je n'ai pas de "genre".

Je passe des heures à réfléchir sur moi, qui je suis, quelle facette de moi j'accepte, quel côté je hais, ce que je voudrais changer, ce que je ne parviens pas à changer, qu'est ce qui m'empêche de changer, et les réponses sont toujours tellement écclectiques ; le manque d'argent, la peur, mon Oedipe, l'absence de permis. Et malgré toutes ces réponses, je ne me connais pas encore, alors je cherche, je retourne ma névrose dans tous les sens, je me rends compte que plus fort que moi, il y a ma cérébralité et ma raison, qui empiètent beaucoup trop sur la passion (si nous étions dans un feuilleton du mercredi après-midi sur M6 on entendrait une vieille femme dire "Il faut écouter ton coeurrr").

Alors si vous avez une formule magique pour quitter ma rationnalité... 

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13 avril 2008

.67.

Je ne suis pas très bavarde en ce moment donc mon humeur en images :

1 - Pourquoi s'éterniser en explications chroniques quand elle le fait avec tant d'humour ? Tu assures Flo, c'est vrai que les filles douces qui boivent du kir sont douées en amour...

fashion faux pas

2 - Sinon, la fashionnerie du moment à laquelle je n'adhère pas (je parle des chaussettes voyantes).

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3 - Si je pouvais changer de tête le temps d'un soir (ou deux, ou trois, ou...).

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4 - Un visage croisé récemment (Noémie, essaie de reconnaître).

5 - Dans ces moments là on est contentes d'être hétéros... Cédric le marin...vertiges de l'amour...

6 - Et enfin, le romantisme, c'est romanesque, dans la vie ET dans la peinture ; Yvan Aivazovski

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Bonne fin de vacances!

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13 décembre 2007

.66.

On m'a exposé récemment une philosophie selon laquelle cinq formes de domination principales caractériseraient la société actuelle ainsi que notre conditionnement, et qu'il fallait s'en affranchir afin d'atteindre une situation de liberté réelle - du corps, comme de l'esprit.

Ces cinq notions sont les suivantes ; capitalisme, religion, patriarcat, xénophobie, Etat. A l'échelle individuelle, à vous d'analyser l'impact négatif et le nombre de privations que ces thèmes provoquent.

Me concernant ; j'ai reçu une éducation extrêmement catholique de par ma maman qui encore aujourd'hui enseigne le catéchisme à des enfants. Cela m'a appri des valeurs que même avec le recul je considère bonnes, à savoir tolérance, ouverture, honnêteté, écoute, mais cela m'a aussi longtemps freinée dans des domaines tels que la sexualité (Dieu merci se débarrasser de vieux démons n'est pas impossible) ou le progrès (que je considérais comme opposé à la tradition, donc à l'Histoire et au Bien). Vous l'aurez compri, l'un des dangers d'une religion fort ancrée dans votre esprit est avant tout l'amalgame de différents thèmes, mais il y en a d'autres comme suivre aveuglément un dogme, et, encore plus grave, l'imposer aux autres.

Le patriarcat ; Je n'ai pas encore réussi à me défaire de ce système social dans lequel j'ai vécu durant toute mon enfance ; l'homme doit avoir de l'autorité (sur les enfants dans le cadre familial), doit être viril, doit travailler, etc. Toutefois quelques progrès sont à noter, je n'accepte pas d'ordre de la part d'un homme (du moins pas parce qu'il en est un) et je souhaite donner à mes futurs enfants non seulement un patronyme, mais aussi un matronyme.

L'Etat ; je vois déjà de grands gestes et de grands cris voulant exprimer quelque chose comme "c'est impossible, U-TO-PI-QUE !!!". J'ai moi même pas mal de difficultés à envisager une société telle. Cependant, je tiens à préciser la différence qu'il y a entre pas d'Etat, pas de Justice et pas de Service Public, ces deux dernières choses pouvant être des organisations autogérées dans un idéal.

La xénophobie ; Personnellement, je n'ai jamais eu de problèmes de ce côté, ni en tant que victime, ni en tant que bourreau.

La capitalisme ; Sujet trop complexe, même à mon échelle, que je développerais certainement dans une prochaine note.

Et vous ? Opprimé ou pas ? Influencé ou pas ? Des progrès à faire ou pas ? Pensez vous que si chacune et chacun s'émancipait de son côté, nous pourrions arriver à une meilleure forme de société ?

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.65.

Ce blog est extrêmement immature, mais ce n'est pas grave...si ? En tous cas, j'ai conscience qu'il me sert avant tout d'introspection. Aussi, ne vous sentez pas obligé d'en lire toutes les mises à jour, qui sont souvent écrites pour moi-même.

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18 novembre 2007

.64.

J'ai grandi dans les années 90. C'est un fait que je ne regrette pas, finalement, car même si je n'ai pas eu droit au flowerpower ou aux boules à facettes, j'ai mille souvenirs de mon enfance (parfois même rock'n'roll) et cela n'a pas de prix. Je me rappelle de ce tour d'Irlande en roulotte, nous étions à sillonner les routes tous les jours, Dolores O'Riordan chantait Ôde to my family et ne ressemblait pas encore à Victoria Beckham. Et cet été au bord du Layon, où Nina l'hollandaise était devenue mon amie en l'espace d'une minute, ses éclats de rire résonnent encore dans mon esprit hanté par ses longs cheveux dorés... Elle disait Pipi pour parler de Fifi Brindacier, et ça nous faisait rire, Charly et moi. J'ai porté ces ignobles caleçons longs à motif marguerite, l'ancêtre du legging si prisé aujourd'hui. Je fantasmais sur Filip des 2be3 - je voulais qu'il m'embrasse, quoi. Je rêvais de pouvoir collecter à mon tour des "boyards" un jour. S. n'avait pas encore mis Jenny en cloque et je débattais avec elle du sexe de Tracy Chapman : "Maman dit que c'est une femme, tu y crois, toi ?". J'avais eu un walkman-cassette pour mes 8 ans et ça suffisait pour que je me sente super High-tech. L'odeur des clopes qui ont tué papi me dégoutait mais je restais quand même à côté de lui dans le garage et on chantait "ah, qu'ça fait du bien de péter dans son bain, ça fait des grosses bulles, lalalala" et mamie lui faisait les gros yeux. On l'appelait mamie poules parce qu'à l'époque il y avait encore le poulailler au fond du jardin. Dans j'ai encore rêvé d'elle, je croyais que "les draps s'en souviennent" parce qu'ils avaient une mémoire. J'ai mis des mois à finir Sonic sur la Sega Master-System 2 sans pourtant m'en lasser. Tiffany n'avait pas encore grossi et elle m'invitait à faire de la balançoire chez elle, j'y emmenais mon "Téléphone Secret" et on mattait Yann sur sa carte parce que c'était le plus beau des garçons. On entendait Mon légionnaire par Gainsbourg à la radio, et mes parents nous emmenaient en Bretagne faire du canoë gonflable, mais mon frère et moi avions peur de nous éloigner trop de la plage, alors mon père avait attaché une corde pour nous rassurer. Jean apprenait à devenir propre plutôt qu'à danser la tecktonic et je croyais papa quand il disait que Bashung était le plus grand poète de tous les temps. Nous roulions en van Volkswagen et c'est pas pour ça que les flics nous arretaient plus que d'autres. Mitterrand était président et je lisais Tom-Tom et Nana avec ma coupe au bol.

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27 octobre 2007

.63.

Je n'aime pas ceux qui font des "articles" composés uniquement de paroles de chansons, aisément trouvables sur Google, pas commentées, inutiles en un mot. Cependant je les comprends; quand la musique est tellement forte qu'elle vous emporte, l'envie est si prenante de partager cette émotion indescriptible. Malheureusement l'effet est bien souvent raté; pour être ému(e) par une chanson, il faut que l'instant où on l'écoute, ainsi que le lieu et l'etat d'esprit soient favorables...sans compter l'histoire personnelle de chacun qui par définition est différente pour tous. Je tente tout de même ma chance avec une chanson qu'on a tous fredonné, mais sans peut-être prendre conscience de la puissance du texte...

"C'est une maison bleue adossée à la colline, on y vient à pied, on ne frappe pas, ceux qui vivent là ont jeté la clé. On se retrouve ensemble après des années de route et l'on vient s'asseoir autour du repas, tout le monde est là à cinq heures du soir. San Francisco s'embrume, San Francisco s'allume, San Francisco. Où êtes vous ? Liza et Luc, Sylvia, attendez-moi. Nageant dans le brouillard enlacés, roulant dans l'herbe, on écoutera Tom à la guitare, Phil à la kena, jusqu'à la nuit noire. Un autre arrivera pour nous dire des nouvelles d'un qui reviendra dans un an ou deux, puisqu'il est heureux on s'endormira. San Francisco se lève, San Francisco se lève, San Francisco... Où êtes vous ? Liza et Luc, Sylvia, attendez-moi. C'est une maison bleue accrochée à ma mémoire, on y vient à pied, on ne frappe pas, ceux qui vivent là ont jeté la clef. Peuplée de cheveux longs, de grands lits et de musique, peuplée de lumière, et peuplée de fous, elle sera dernière à rester debout... si San Francisco s'effondre, si San Francisco s'effondre, San Francisco... Où êtes vous
Liza et Luc ? Sylvia... attendez-moi."

Alors, il vous fait de l'effet Maxime Le Forestier à vous ? (si vous avez la musique c'est encore mieux).

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06 octobre 2007

.62.

Revoir aujourd'hui mon patron de vendanges à la foire gourmande de Tournai a ravivé en moi quelques souvenirs... à partager.

Marie & Sché

Noé, Bo, Marie

Noé, Anne c, Marie

Alex, Noé

Groupe vendanges

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18 septembre 2007

.61.

C'est en observant des chevreuils et leur famille dans la forêt domaniale d'Orléans que l'expression yeux de biche, utilisée si souvent en référence à la beauté de regards féminins a prit tout son sens. Tellement grands, si ce n'est écarquillés, doux, innocents, émouvants, qu'un sentiment méprisant pour tous les chasseurs avides de prouver leur pseudo-virilité à coup de carabine et de bulletins FN dans l'urne, le tout sur un décor de fond camouflage, naquit en moi. Qu'est ce qu'ils me dégoutent accompagnés chacun d'un berger allemand (si ce n'est deux ou trois), une pancarte signalant "chien méchant" placardée sur leur porte d'entrée. Comment peut-on garder un chien qui, disent-ils eux même, est méchant ? Comment peut-on s'en vanter ? Dieu qu'il s'agit là d'un accueil des plus pourris! Bienvenue en enfer ou n'entrez pas si vous tenez à votre peau reviendrait au même. Enfin... ils protègent leurs biens des racailles (ils ont entendu ce mot devant leur poste de television, en réalité leur village est composé à 90% de sextagénaires). Le pire dans cette description de la campagne française n'est en rien le contenu (il existe des films d'horreur bien plus effrayants) mais le réalisme aucunement caricaturé dont je fais preuve. Certes, il est facile de tomber dans la psychose, d'autant plus quand les sources d'informations et autres médias sont limités, quand on est loin de tout, d'accord, on peut trouver ça compréhensible... mais désagréable. Si ils ne bloguent evidemment pas, je passe tout de même le message suivant ; quand je passe devant l'un de vos chiens de chasse qui grogne et m'aboit dessus je me sens aussi agressée que lorsqu'il s'agit d'une bande de jeunes voyous qui me dévisagent en silence (et j'ai passé mon bac à Tourcoing, c'est dire si je sais de quoi je parle).

Posté par Schaublatt à 19:13 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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