La vraie vie, ça commence quand ?

16 octobre 2011

Chevaline

Eté 1998, Irlande : nous traversons le pays en roulotte, et je me prends d'affection pour notre guide "Blue", un cheval blanc et rebelle.

Ensuite, je n'ai plus jamais mangé de cheval, pendant 13 ans.

Aujourd'hui, un restaurant a su me faire changer d'avis : le Falstaff, à Courtrai. Leur onglet de cheval est parfait : une cuisson saignante tendre et rouge, la pièce de viande est choisie pour le plaisir du client, une sauce à l'échalotte suffisamment épicée pour donner chaud mais qui ne vous détruit pas les papilles, un sang gouteux, un accompagnement plus que nourrissant, le vin rouge, même en carafe est délectable... Bref, succulent ! Et pour ne rien gâcher, le rapport qualité-prix est très correct ! Ca change vraiment de la viande nervurée mal cuite et de la sauce trop crémeuse qu'on peut trouver dans beaucoup de brasseries.

http://www.brasseriefalstaff.be/

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29 avril 2011

"Pass on this"

Cocktail simple, rafraichissant et fruité pour l'été :

  • moitié jus de pomme-cerise (par exemple en vente par Looza)
  • moitié Passoa

C'est une de mes madeleines de Proust à moi, ça se boit comme du petit lait.

Et sinon il vous reste toujours la sangria !

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06 mars 2011

Black Swan

J'ai beaucoup aimé Black Swan :

- Le choix de conserver le titre en VO : "Le cygne noir" aurait été beaucoup moins percutant.

- Le montage et la réalisation : le film est construit comme un ballet, avec ses moments forts, son escalade d'émotions, il donne presque le tourni et la grâce des danseuses nous en met plein la vue ! Le film est rythmé et on ne s'ennuie jamais.

- Vincent Cassel super crédible dans son rôle, on y croit vraiment !

- La métaphore et le parallélisme entre l'histoire du lac des cygnes et l'histoire de l'effarouchée et schyzophrene Nathalie Portman, les deux se répondent perpétuellement et on est pris dans ce dialogue.

Seul commentaire que j'aurais à faire :

Un chien dans l'appartement de Nina ajouterait un peu de réalisme parce que pas de copines, pas de père, pas de mec, pas de voisins et pas d'animal ça provoque une atmosphère excessivement confinée et je crois que qu'une relation privilégiée avec son chien aurait pu rendre l'histoire plus crédible.


Mais bon j'ai adoré !

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16 février 2011

Tête à tête

Il y a un restaurant que j'adore, et pourtant il est pas plus branché que ça, je ne connais pas le chef et on y trouve pas des gens forcément hypes.

C'est le "tête à tête" à Heist. Sur la digue, il permet de se faire des tête à tête amoureux délicieux. Le rapport qualité prix est vraiment bon, le service impeccable, le choix satisfaisant. Certains diront que la déco est kitsch avec tous ces petits coeurs rouges sang, mais

1. Elle est chaleureuse
2. Quand on est amoureux on est kitsch et on s'en fiche !

http://tete-a-tete-heist.be

Et avant le tête à tête, pensez à visiter Sluis, petite commune charmante des Pays-Bas à à peine 10kms de là, parfait pour une session shopping romantique au bord des canaux!

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22 novembre 2010

L'art de la simplicité

Dominique Loreau.

Un nom d'auteur à retenir quand on veut faire le ménage dans sa vie. Des livres de développement personnel, j'en ai lu pas mal, et ils m'ont toujours déçu. Les chapitres tournent toujours autour d'une philosophie de vie et ne donnent pas de conseils concrets. La motivation qu'ils nous procurent s'éteint rapidement. Ce sont souvent des ouvrages superficiels, qui se vendent pourtant facilement, puisque quand on a besoin de développement personnel, d'épanouissement, de changement, on est prêt à beaucoup, par exemple à dépenser ses sous.

Je pensais cela jusqu'à ma rencontre avec l' "Art de la simplicité" qui m'a profondément interpellé. Cette française vit au Japon depuis des années et a beaucoup observé une culture qu'elle qualifie de minimaliste. Décoration, estime de soi, garde-robe, cuisine et alimentation, elle passe au crible ces aspects utiles au quotidien et nous propose des conseils pour les simplifier, les épurer, et avoir moins pour vivre mieux.

Le Credo s'insère donc dans la philosophie de la "simplicité volontaire" sans toutefois faire voeu de morosité.

Depuis j'ai lu "L'art de l'essentiel" qui s'inscrit dans la même veine mais est peut-être légèrement répétitif, ouvrage à concevoir comme une piqûre de rappel, et j'ai commencé "L'art des listes", qui lui propose une méthode de gestion du quotidien par listes très pertinente.

Ce que l'art de la simplicité m'a apporté :
- une meilleure connaissance de soi-même (l'art des listes est encore mieux pour ça) ; de ses goûts, ses envies, ses valeurs.
- un désencombrement de la maison : tiroir par tiroir, pièce par pièce, j'ai enfin su me débarrasser de souvenirs douloureux, de vêtements encombrants, d'objets poussiéreux et inutiles, de cadeaux qui ne me plaisaient plus, de cartons fermés depuis des années. Un gain de place dans l'espace donc, qui a aussi libéré mon esprit. Ne garder que les belles choses pour avoir de belles pensées.
- Une définition plus claire de mes prochains objectifs.
- Une motivation quotidienne pour enfin réaliser les actions que je reportais toujours.

Et voilà, ce qui est déjà pas mal !

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05 octobre 2010

Un autre côté

C'était encore le temps de l'odeur de la cigarette,
de ces types aux cheveux fous,
seulement deux sous
nous offraient l'ivresse,
les chaises n'étaient jamais libres,
il faisait chaud
entre les manteaux et les peaux,
ça sentait aussi la pluie
collée sur leurs tatouages
et nous étions serrés,
dans un coin l'un d'eux s'endormait, 
la musique sonnait pourtant,
toujours ancienne, comme un rituel,
les mains se baladaient,
la bière coulait jusque sur nos bottines,
et sur le sable qu'on piétinait,
j'entends encore ces rires,
je ne me souvenais jamais de l'heure qu'il était,
je voyais juste le soleil se coucher,
par la fenêtre qui était en fait une vieille vitrine,
à côté de laquelle restait le peintre,
torturé et en délire,
comme tous les autres,
comme eux,
comme nous,
comme elle,
comme moi.

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08 juin 2009

La vraie vie commence quand...

Tolstoï a écrit ; "La vraie vie est vécue quand de petits changements se manifestent". Les miens ont été...

Ouvrir une bonne bouteille, sans attendre d'occasion, juste pour fêter la vie, pour honorer "aujourd'hui".

Allumer ces bougies, cadeau de 2007 que je conservais pour leur joliesse. La beauté de la flamme qui s'allume et l'odeur de la flamme qui s'éteint m'ont davantage satisfait.

Sortir mon plus beau service de porcelaine... pour manger un plat de spaghettis, juste entre nous deux.

Oser le short et la minijupe.

Me payer une barbapapa, à la fête foraine. Pas des croustillons, et tant pis si j'étais dans la file d'attente des enfants.

Compiler des chansons des années 90 et 2000 avec UB40 et Nuttea, Shakira, Franky Vincent, Zebda, Manu Chao et Tarkan, et tant qu'à faire écouter ça dans la voiture !

Faire des sangrias, juste parce que c'est l'été. Ou l'hiver.

La liste n'est pas exhaustive... mais j'ai peur de vous ennuyer !

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08 mars 2009

Le petit vin blanc

Un samedi matin, une place, un café. La terrasse est vide en ce début de mois de mars, mais ouverte. Je m'y installe et commande un vin blanc. La serveuse est la patronne, elle comprend un peu le français et me souhaite une bonne journée. Les pavés brillent d'humidité, mais emmitouflée dans ma grande écharpe rouge je me sens bien. Ou je ne me sens pas. La -non-sensation est difficile à définir. J'observe les passants, ils sont nombreux à revenir du marché. Le beffroi sonne les 11h30 et je vois derrière la vitre des vieillards buvant une soupe. Chacun de ces êtres est tellement différent, je me demande ce qui fait leur fierté. Un homme aux cheveux gris promène un petit chien. Le considère-t-il comme le plus mignon des caniches ? L'aime-t-il comme on aime un enfant, un ami, un objet? Peut-être appartient il à son épouse. Une trentenaire au jean délavé rejoint une vieille dame. Se sent elle plus jeune qu'elle ne l'est avec ce pantalon improbable et mal ajusté ? A-t-elle réfléchi en faisant cet achat, était-ce par défaut, par dépit ? J'ai du mal à m'imaginer le contraire. Une dame permanentée s'arrête quelques secondes devant moi, est-ce son âge qui l'handicape, l'oblige à reprendre son souffle, ou pose-t-elle son cabas pour épargner son dos fragilisé ? Aucun jeune de mon âge. Peut-être dorment-ils, ou récupèrent-ils de leur folle soirée, ou regardent une de ces émissions abrutissantes que je chéris tant. Un homme vient d'entrer dans le café-brasserie en promettant un chocolat chaud à ses trois enfants. La femme a l'air plus qu'agacée, et desespérée, elle tente de le raisonner, "non, pas ça juste après le déjeuner Farid, enfin..!". Un homme passe et m'observe tout en marchant. Il tient un petit bouquet de roses blanches. Quelles questions peut-il se poser à mon sujet ? "Qu'est ce que cette fille écrit?" ou plutôt "Qu'est ce qui peut bien rendre cette fille si malheureuse pour qu'elle s'alcoolise le sang, seule, un samedi matin? C'est pathétique." Je ne me sens pas vraiment pathétique, là. Visiblement il n'est pas le seul à se faire cette réflexion, une femme au cheveux blonds bouclés me dévisage avec dédain, interloquée. J'aimerais que D. passe par là en voiture, m'aperçoive, me rejoigne et lise silencieusement son livre. Je dis "son" car il lit toujours le même. Une fois la dernière page achevée, il le ré-entame à nouveau, encore et encore. Je ne sais ce qui le fascine dans ce roman historique de la seconde guerre mondiale. Un homme a l'imperméable violet barriolé du dessin d'une planche de surf passe. Il sait à peine marcher, boite, et tient une vieille bicyclette à la main. Pense-t-il vraiment pouvoir faire croire au monde qu'il est encore capable de rouler ? Ou est-ce sa vérité à lui qu'il espère tromper. Où a-t-il bien pu récupérer ce manteau? De toute évidence, il ne l'a pas acheté lui même. Peut-être l'a-t-il eu dans un équivalent du Relais français, ou à son gendre. Il fallait ne pas le connaître pour lui offrir un tel vêtement. Une jeune fille traverse la rue. Je l'imagine déjà dans 20 ans, avec la même vulgarité. Elle porte une paire de leggings noirs entré dans ses bottes pointues à hauts talons, un perfecto noir en skaï, quelques rondeurs au dessus de la ceinture et un postérieur conséquent. Elle fume dans une fausse nonchalance une cigarette. Je fais un sourire à un homme au bon capital sympathie. Il tient avec précaution une petite boîte de pralines. Soit il fait partie des hommes naturellement -ou pas- attentionnés, soit il a quelque chose à se faire pardonner. Je m'attendris devant un jeune couple poussant un landeau, j'ai l'impression d'avoir le regard d'une femme proche de la mort. Un motard tire sur son accélerateur alors qu'il suit en plein centre-ville un véhicule à 20km/h. Pense-t-il que ce geste puisse impressionner les autres hommes, ou les femmes ? Assouvit-il son besoin d'affirmer une pseudo-virilité ?

Je ressemble à tous ces gens. J'ai aussi des fiertés idiotes, des préjugés préjudiciables pour autrui comme pour moi, des complexes, des envies, une soif de reconnaissance insatiable. Je regarde l'heure sur mon téléphone, je n'ai pas de montre. Il est 11h57 et D. m'a appelé. Je le rappelle, il m'a appelé sans raison dit-il. Je raccroche. Je commence à avoir froid. Je reviendrais à cette table.

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27 septembre 2008

Le match

Ce soir là la France gagnait son match contre le Brésil, comme huit ans auparavant, sauf que c'était pour aller en demi finales contre le Portugal, alors moi je riais, j'étais hystérique, décoiffée, j'avais fait le tour de la maison en sautant, seule parce que ma famille n'était pas là, et puis j'avais crié tout et n'importe quoi, tout mais surtout "on a gagné !", j'entendais des coups de klaxons au loin, des klaxons dans ma rue, des klaxons en ville, et je trouvais ça beau, de voir tous ces gens réunis, ça arrive tellement rarement, de voir des vieux, des jeunes, des enfants, des adultes, des blancs, des noirs, et des arabes sourire tous en même temps, et crier que vive la France, qu'on est les meilleurs et que champions du monde on l'est déjà un peu quelque part.

Et puis tu as commencé à m'exposer une de tes éternelles théories, toujours tes beaux principes, toujours tout compliquer, analyser, disséquer, connaître la réalité des choses, et ne pas être heureux si on est pas sur d'avoir le bonheur vrai et pur, toujours réfléchir et se prendre la tête, toi tu trouvais ça hypocrite de rire tous ensemble et de faire semblant de s'aimer alors que Lepen était passé au second tour en 2002 et que là c'était peut être Sarkozy qui allait passer, ou peut être pas, mais quand même, peut être Sarkozy. Tu trouvais ça idiot, même con, de crier dans la rue parce que onze gars avaient mis un ballon dans un filet, tu ne comprenais pas, et moi ça m'énervait, ça me mettait hors de moi, "tu comprends pas" je te disais, "tu sais pas ce que c'est d'avoir une conscience collective, tu vois à cause de toi j'ai de la peine, j'aurais voulu partager ce moment avec toi, mais je peux pas, parce que monsieur a besoin de se démarquer des autres, qu'il sait réfléchir, lui, que quand il fait quelque chose ça a du sens", et puis tu me répondais que de toute façon tu supportais pas la foule. Mais moi je voulais pas la foule je voulais toi et moi qui criions "allez la France" mais je ne te l'ai pas dit et j'ai changé de sujet parce que si je t'aurais demandé tu l'aurait fait mais moi je voulais que ça sorte de ton coeur comme une étoile filante qui devait sortir, qui serait sortie de toi de force, un grand cri vrai et brut, un grand "allez la France" mais c'est pas sorti alors je me suis tue, comme toi.

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04 septembre 2008

Note

Il y a une citation d'Oscar Wilde que j'aime particulièrement. Elle a d'ailleurs été reprise par Sagan dans "bonjour tristesse". Et pourtant, elle ne me correspond guère, à moi, modèle de vertu.

"Le péché est la seule note de couleur vive qui subsiste dans le monde moderne."

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04 juin 2008

Une soirée à tuer

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Régulièrement, avec Nicolas et Noémie, on se fait une toile. On a notre rituel, Nicolas passe chez moi à 21h45, ensuite on prend l'autoroute en écoutant une de ses compil et puis surtout en essayant de se mettre d'accord sur le film à voir, parce que le problème, c'est qu'on est pas cinéphiles de la même race. Lui est un grand fan de thrillers ; et puis nous en tant que bonnes fifilles on aime bien les films d'auteurs, de temps en temps une comédie romantique ou une biographie sur bobine. Si on le suivait à chaque fois, sûr qu'on passerait la moitié de notre temps à se cacher les yeux, et si lui nous suivait tout le temps, l'ennui le guetterait bien souvent. Alors on fait des concessions, chacun notre tour. Hier, il était pour lui hors de question d'aller voir Sex and the city, et pour nous impossible de visionner [REC], alors nous nous sommes plus ou moins mis d'accord sur Deux jours à tuer de Jean BECKER.

Aucun meurtre dans ce film français contrairement à ce que pourrait indiquer le titre, mais un riche panel d'émotions qui comblèrent nos attentes: Le petit côté moralisateur (ça en agace plus d'un, mais personnellement j'ai toujours aimé, ça me rappelle La petite maison dans la praire), l'identification facile aux personnages (déchirement du couple, ras-le-bol du quotidien morne...), quelques éclats de rire cyniques suite aux remarques ôdieuses du personnage principal, les paysages d'Irlande, toujours aussi magnifiques, la belle Marie-Josée CROZE, juste ce qu'il faut de mélo afin de nous toucher et pour clôturer le tout une fin inattendue (chose rare) pour notre héro incarné à merveille par le ténébreux Albert DUPONTEL (Ne trouvez vous pas qu'il est un hybride entre Gérard KLEIN et Thierry BECCARO ?).

Tout cela pour dire d'une part foncez voir ce film, d'autre part Merci à Nicolas d'avoir insister (pour une fois, hein), et puis de toute façon Sex and the city c'est un film à voir entre filles!

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16 mai 2008

Le blues.

Quand j'ai un coup de blues, ma réaction reste la même qu'à mes 15 ans ; j'écoute Damien Saez.

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13 mai 2008

Voeux

J'ai mal aux sinus et mes yeux sont injectés de sang. J'ai besoin d'air, et surtout de visages d'hommes sains qui n'ont pas dans le regard cette perversité, qui assument parfaitement ce qu'il sont malgré leur peu d'expérience dans la vie. J'ai besoin de soleil et de yeux francs qui regardent sans se baisser, des yeux dont on aperçoit l'âme derrière, pas une âme d'ange ou de prince charmant, juste une âme brute qui ne se cache pas derrière des stratagèmes et des calculs. J'ai besoin d'une bière fraîche, puis deux, puis trois, puis quatre, pour m'en aller dans ce monde parallèle où tout est moins douloureux, je veux sentir mon esprit danser, voir mes jambes tituber, être impuissante face aux vertiges et hurler cette douleur qui ne sort pas. Je voudrais qu'il souffre autant que moi, je voudrais oublier, je voudrais jouir, je voudrais mourir. Je voudrais avoir une épaule sur laquelle pleurer. Des bras qui me feraient me sentir comme une petite chose fragile mais bien protégée.

Je voudrais, je voudrais. Mais j'ai quoi ?

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12 mai 2008

Question

Je me demande si ça existe les ruptures en douceur. Je me demande si ça fonctionne parfois les "on reste amis", je veux dire par là plus de deux semaines. Je me demande combien de temps encore ce noeud désagréable dans le ventre va me ronger. Je me demande si un jour j'arriverais à nouveau à m'endormir sans les larmes aux coins des yeux.

Je me demande si je vais continuer à t'aimer et à te détester encore longtemps.

J'aimerais juste éprouver un peu de tendresse, raisonnable et sans douleur, mais ça ne vient pas.

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11 mai 2008

Passion Vs Raison

Est-ce que je suis la seule à mon âge à être encore aussi paumée? Je veux dire, dans deux semaines j'aurais 21 printemps, et pourtant je me cherche encore comme ces ados qui m'exaspèrent déjà.

Sur aucun plan je ne me suis encore trouvée, je blog un journal pseudo-intime où je n'écris rien d'intime, je ne sais où je serais en septembre, cela fait six ans que je me retrouve chaque année dans la filière la plus générale possible, pour ne pas avoir à choisir où aller, que faire, qui devenir. Eh oui, je ne sais pas moi même qui je suis.

Je passe des heures à réfléchir sur moi, qui je suis, quelle facette de moi j'accepte, quel côté je hais, ce que je voudrais changer, ce que je ne parviens pas à changer, qu'est ce qui m'empêche de changer, et les réponses sont toujours tellement écclectiques. Et malgré toutes ces réponses, je ne me connais pas encore, alors je cherche, je retourne ma névrose dans tous les sens, je me rends compte que plus fort que moi, il y a ma cérébralité et ma raison, qui empiètent beaucoup trop sur la passion ; si nous étions dans un feuilleton du mercredi après-midi sur M6 on entendrait une vieille femme dire "Il faut écouter ton coeur.

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13 avril 2008

Une chanson et une toile

1. Dans ces moments là on est contentes d'être hétéros ; Cédric le marin...vertiges de l'amour...

2. Le romantisme, c'est romanesque, dans la vie ET dans la peinture ; Yvan Aivazovski

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Bonne soirée !

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18 novembre 2007

Bribes des années 90

J'ai grandi dans les années 90. C'est un fait que je ne regrette pas, finalement, car même si je n'ai pas eu droit au flowerpower ou aux boules à facettes, j'ai mille souvenirs de mon enfance (parfois même rock'n'roll) et cela n'a pas de prix. Je me rappelle de ce tour d'Irlande en roulotte, nous étions à sillonner les routes tous les jours, Dolores O'Riordan chantait Ôde to my family et ne ressemblait pas encore à Victoria Beckham. Et cet été au bord du Layon, où Nina l'hollandaise était devenue mon amie, ses éclats de rire résonnent encore dans mon esprit hanté par ses longs cheveux dorés... Elle disait Pipi pour parler de Fifi Brindacier, et ça nous faisait rire, Charly et moi. J'ai porté ces ignobles caleçons longs à motif marguerite, l'ancêtre du legging si prisé aujourd'hui. Je fantasmais sur Filip des 2be3 - je voulais qu'il m'embrasse, quoi. Je rêvais de pouvoir collecter à mon tour des "boyards" un jour. S. n'avait pas encore mis Jenny en cloque et je débattais avec elle du sexe de Tracy Chapman : "Maman dit que c'est une femme, tu y crois, toi ?". J'avais eu un walkman-cassette pour mes 8 ans et ça suffisait pour que je me sente super High-tech. L'odeur des clopes qui ont tué papi me dégoutait mais je restais quand même à côté de lui dans le garage et on chantait "ah, qu'ça fait du bien de péter dans son bain, ça fait des grosses bulles, lalalala" et mamie lui faisait les gros yeux. On l'appelait mamie poules parce qu'à l'époque il y avait encore le poulailler au fond du jardin. Dans j'ai encore rêvé d'elle, je croyais que "les draps s'en souviennent" parce qu'ils avaient une mémoire. J'ai mis des mois à finir Sonic sur la Sega Master-System 2 sans pourtant m'en lasser. Charlotte n'avait pas encore grossi et elle m'invitait à faire de la balançoire chez elle, j'y emmenais mon "Téléphone Secret" et on mattait Yann sur sa carte parce que c'était le plus beau des garçons. On entendait Mon légionnaire par Gainsbourg à la radio, et mes parents nous emmenaient en Bretagne faire du canoë gonflable, mais mon frère et moi avions peur de nous éloigner trop de la plage, alors mon père avait attaché une corde pour nous rassurer. Jean apprenait à devenir propre plutôt qu'à danser la tecktonic et je croyais papa quand il disait que Bashung était le plus grand poète de tous les temps. Nous roulions en van Volkswagen et c'est pas pour ça que les flics nous arretaient plus que d'autres. Mitterrand était président et moi je lisais Tom-Tom et Nana.

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06 octobre 2007

Vendanges

Croiser aujourd'hui le vigneron de mes vendanges, à la foire gourmande de Tournai a ravivé en moi quelques souvenirs... à partager.

Marie & Sché

Noé, Bo, Marie

Noé, Anne c, Marie

Alex, Noé

Groupe vendanges

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09 septembre 2007

58ème note du blog

58, comme l'année de construction de l'Atomium pour la première exposition universelle depuis la seconde guerre mondiale :

Atomium - Brussel - 2007

On ne dirait pas comme ça, mais l'ascension via les escalators placés dans les branches de l'Atomium est super vertigineuse, et puis le panorama là haut tout aussi impressionnant.

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20 août 2007

Pèlerin

Il était pèlerin, et il avait 23 ans. Ils sont rarement si jeunes. Sous ses traits d'homme, on discernait en filigranes le visage qu'il avait eu autrefois, enfant, avec ses petites tâches de rousseur. Ses cheveux avaient été blondis par ces longues heures à marcher au soleil, mais sa rousseur dominait toujours. Il venait de Suisse, de Genève, et son accent prononcé dénotait un peu avec les grandes phrases qu'il faisait. Je ne sais pas pourquoi, mais on a toujours tendance à penser que les accents sont plus présents dans les campagnes, au plus profond des pays. Son drapeau était cousu sur son sac à dos, sous forme d'écusson, et il disait que c'était pour qu’on n’ait pas peur de lui, parce que les gens sont effrayés par les gitans, les vagabonds.

 

Il racontait que sa vie avait changé, radicalement, qu'il était passé d'un être superficiel à l'extrême à un fanatique de Saint François d'Assise, et que c'était mieux dans ce sens que dans l'autre. Dans son ancienne vie, il passait des heures sur warcraft, il s'était même vu proposer un contrat de sponsoring, en étant classé dans les 50 premiers. Son idéal de vie était « une femme blonde », ça m’avait fait sourire. On renie si souvent les blondes de nos jours. La suite de la description de ses rêves m’avait paru moins amusante ; « une amante brune ». C’était un petit bourgeois, un fils à papa qui avait trouvé son job sans avoir envoyé le moindre CV. Mais au bout d’un moment, le marketing, tout ça, ça l’avait lassé. Ecoeuré. Alors il s’était mis à fréquenter  les francs-maçons. D’après lui, ils étaient faciles à trouver à Genève, plus que n’importe où. Mais ce chemin là non plus ne lui convenait pas. Autant d’ennemis que d’amis dans ce milieu, c’est ce qu’il disait.

 

Ma vie religieuse est un gros bordel. Ce sont ses mots. Protestant jusqu’à sept ans, on l’avait mis dans un pensionnat catholique ensuite, et puis l’Eglise elle aussi l’avait déçu. Alors il avait choisi d’imiter les franciscains, à leur manière d’avant la récupération par l’Eglise. Il avait un budget de cinq euros par jour, juste de quoi se nourrir, enfin il s’agissait là de sa résolution…théorique. En pratique, il avait coutume de se faire payer ou cuisiner un repas par un autre pèlerin, un habitant de la commune traversée ou le maire du village où il posait sa tente. Ses cinq euros étaient ensuite destinés à remercier celui ou celle qui l’avait invité, en offrant sa tournée.

 

Il avait décidé d’aller jusque St Jacques de Compostelle de cette façon, campant tantôt chez l’habitant, tantôt en pleine nature. Sa première nuit dans la forêt avait été effrayante, disait-il. Outre les araignées auxquelles il s’était désormais habitué, des cerfs avaient bramé. Des cerfs qui auraient pu le prendre pour un mâle concurrent, terrifiant cette anecdote. Malgré ces désagréments, il était bien déterminé à aller jusqu’au bout de son périple. Ce qui l’avait décidé à partir, disait-il, se résumait à deux signes. Tout d’abord, il avait un jour eu besoin d’un crayon. Quelques minutes de marche et un petit crayon de bois s’était trouvé sur son chemin. Et puis, le soleil commençait à le brûler, et il se surprit à rêver à un tube de crème solaire… qu’il découvrit lui aussi sur son chemin, certes recouvert de boue, déjà ouvert, mais tout de même. Il s’est alors dit qu’il était sans doute temps de partir, de trouver sa voie, il arrive un moment où l’on est éreinté de chercher. De se chercher – tout de même, il m’en aurait fallu plus qu’un tube de crème solaire pour tenter l’aventure.

 

St Jacques, expliquait-il avec la suffisance qu’ont les jeunes hommes, n’est qu’un entraînement. Je vise plus haut, plus loin, mon projet est de me rendre à Jérusalem. Et il attendait un peu, juste quelques secondes, pour voir si des réactions suivaient cette révélation, peut-être même des compliments, des exclamations.

 

Actuellement, il marche toujours, je ne sais où.

 

Il avait un joli prénom ; il s'appelait Damien.

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